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Une étude compare les systèmes d’anticipation des besoins de compétences en Europe et ailleurs

Quels systèmes existent à travers le monde pour analyser le marché du travail et anticiper les besoins en compétences ? Une étude a été menée dans plus de 60 pays et vient d’être publiée conjointement par l’OIT [1], l’OCDE [2], le Cedefop [3] et ETF [4]

Elle examine comment ces pays organisent l’analyse de leur marché du travail avec une dimension prospective.

Une préoccupation stratégique partagée

Correspondant au concept dit « LMI » [5], les analyses prospectives du marché du travail constituent une ressource informative essentielle tant pour les décideurs en charge des politiques publiques que pour les partenaires sociaux. Elles visent à identifier et anticiper les besoins en compétences ainsi que les déséquilibres entre l’offre et la demande de travail.

L’étude Skills needs anticipation : systems and approaches (106 pages, en anglais) dresse un état des lieux des systèmes et approches décrits par les différents responsables sollicités pour l’enquête, relevant des ministères du Travail et de l’Éducation, des organisations patronales et des syndicats de travailleurs.

Elle couvre les cinq continents, avec des focus sur des pratiques développées tant dans des pays industrialisés que dans des pays en développement.

Systèmes d’analyse et d’anticipation

L’étude aborde de façon méthodique un ensemble de caractéristiques qui permettent de décrire et de comparer les différents systèmes : à quelle fréquence l’analyse du marché du travail est-elle mise à jour ? Comment sont mesurés les besoins en compétences ? Quelle est l’implication des partenaires sociaux dans le processus ? Quel sont les niveaux d’analyse en jeu : national, régional, sectoriel ? Quel usage est fait des résultats de l’analyse ?

La dimension comparative permet ainsi, par exemple, de dégager différents modèles d’organisation au niveau de la gouvernance des systèmes d’analyse : sur un mode centralisé ou au contraire décentralisé.

Une variété d’approches et d’exemples

L’étude fait apparaître des résultats paradoxaux en ce qui concerne la manière de mesurer les besoins en compétences : la pratique la plus répandue consiste à les exprimer en se référant à des niveaux ou catégories de qualification, alors que les compétences plus génériques comme la communication ou les TIC sont moins fréquemment utilisées.

Le repérage des besoins en compétences peut correspondre à des méthodes très diverses : plus ou moins centrées sur la situation présente ou au contraire avec une forte dimension prospective ; données sur l’évolution au niveau macro-économique entre secteurs d’activité, projections portant sur l’évolution des emplois au sein des secteurs, évolutions prévisionnelles des compétences nécessaires au sein des métiers eux-mêmes.

À titre d’exemples, en Bulgarie, un projet permet le repérage des besoins sectoriels et régionaux, grâce à un partenariat entre l’Union des industries et les syndicats salariés. En Lettonie c’est l’implémentation d’un système prospectif piloté par l’Agence nationale pour l’emploi. En Grèce, le développement d’un système de diagnostic des besoins en compétences est opéré sous l’égide d’un comité scientifique associant les partenaires sociaux, le ministère du Travail, de l’Éducation et le service public de l’emploi.

De l’exploitation des statistiques existantes plusieurs fois par an, à des enquêtes systémiques mises en œuvre tous les cinq ans, l’étendue des pratiques est très variée, avec le développement des approches les plus sophistiquées dans les pays à haut revenu.

[1] Organisation internationale du travail

[2] Organisation de coopération et de développement économiques

[3] entre européen pour le développement de la formation professionnelle

[4] European Training Foundation

[5] Labour Market Intelligence, connaissance du marché du travail

Mis en ligne le 11 mai 2018 sur Le quotidien de la formation