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Une population européenne à former et des choix à faire

L’agence européenne pour le développement de la formation, le Cedefop, a publié en juin un document sur les compétences qui seront requises pour le marché de l’emploi d’ici 2030.

Un monde de l’emploi plus connecté, des travailleurs plus autonomes et moins sollicités physiquement, des tâches plus qualifiées… Mais dans le même temps, une augmentation potentielle de la flexibilité ou une baisse du nombre d’emplois intermédiaires. Le Centre européen pour le développement de la formation professionnelle, Cedefop, a publié ses prévisions 2018 en matière de compétences. L’étude détaille les aptitudes qui seront nécessaires au marché du travail d’ici 2030, pour tous les pays membres de l’Union européenne ainsi que pour la Norvège, l’Islande et la Suisse.

Fondé sur des données internationales harmonisées, le document permet de tirer des enseignements communs à l’ensemble des pays. « La baisse de l’emploi dans les secteurs traditionnels comme l’agriculture ou l’exploitation minière est bien un modèle que l’on retrouve dans tous les pays », illustre Ilias Livanos, expert au département des compétences et du marché du travail du Cedefop. Les données propres à chaque nation peuvent facilement être visualisées sur le site du Cedefop.

Emplois fortement et faiblement qualifiés

Le Cedefop relève que quatre emplois sur cinq parmi les nouveaux métiers à venir demanderont un haut niveau de compétences. Mais ces nouveaux emplois ne représenteront jusqu’en 2030 que 9 % des créations de postes. 91 %, soit l’écrasante majorité, restent fournis par les besoins en remplacement des postes actuels. « La projection de ces nouveaux métiers est basée sur les nouveaux besoins de l’économie. Ces emplois qui n’existent pas encore seront donc effectivement très qualifiés. Mais dans le même temps, les gens continuent de partir à la retraite dans des métiers existants et cela se traduit par beaucoup de remplacements », explique Ilias Livanos. Par exemple en France, des emplois peu qualifiés resteront encore très recherchés, comme dans le nettoyage ou le soin.

Orienter les politiques vers la formation

L’étude souligne une polarisation à venir, due à l’augmentation du nombre d’emplois en haut et en bas de l’échelle des qualifications, mais une stagnation, voire une diminution, des niveaux intermédiaires : employés de bureau ou travailleurs manuels qualifiés. Ces derniers seront particulièrement touchés par les délocalisations et l’automatisation. Autre défi à relever, la surqualification des travailleurs, qui seront amenés à occuper des postes moyennement qualifiés et menaceront directement l’emploi des personnes qui les occupaient alors. Chaque pays peut se saisir de ces résultats pour décider de ses politiques à venir en termes de formation et d’emploi, mais aussi faire des choix plus globaux. « Les chiffres peuvent permettre aux décideurs politiques d’anticiper les situations à venir pour s’adapter. Par exemple, le secteur des services va beaucoup croître, et comme c’est un secteur qui emploie de nombreux travailleurs flexibles, le nombre de personnes travaillant dans ces conditions augmentera aussi. Il faut donc réfléchir aux conditions de travail qu’on souhaite voir à l’avenir », souligne encore Ilias Livanos.

Mis en ligne le 29 juin 2018 sur Le quotidien de la formation