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« Faire son alternance en Europe », un guide du Routard dédié à la mobilité des apprentis

« Il y a un déficit d’image de l’alternance auprès des familles. Opcalia entend lui redonner ses lettres de noblesse. Ce guide participe de cette ambition », a résumé Eric Depond, président d’Opcalia, lors du lancement du Guide du Routard Faire son alternance en Europe (éditions Hachette), au Parlement européen, le 1er octobre.Édité à 20 000 exemplaires et initié par Opcalia, ce guide se veut «  accessible à tous », a rappelé Philippe Gloaguen, cofondateur du Routard. Il a pu compter sur les compétences de l’Apec, Centre Inffo, du Medef, qui avaient tous collaboré à l’élaboration du Guide du Routard de l’Alternance de juin 2017, et pour cette édition, de l’Agence Erasmus +.

Opportunité

La loi « Avenir professionnel » offre aux acteurs de l’alternance et de la formation professionnelle l’opportunité de prendre part à l’orientation des jeunes. Un constat partagé par les intervenants des Master Classes de l’Alternance organisées lors de cette même journée. Député européen, auteur d’un rapport sur les freins à la mobilité européenne des apprentis (lire notre article), Jean Arthuis a joué le rôle de grand témoin de l’événement.

Orientation et Régions

« Il est dans l’ADN d’Opcalia d’innover et de faire du sur-mesure », a lancé Marie-Claude Briet, présidente d’Opcalia Grand-Est en ouverture de ces Master Classes. La question de la valorisation de l’alternance dans l’orientation a été au cœur des échanges. Le député des Vosges Gérard Cherpion [1] , soulignant le manque d’appétence des familles pour l’apprentissage, « pourtant voie d’excellence », a déploré que « des collégiens de troisième se voient proposer l’apprentissage au même titre que le redoublement ». « L’orientation est confiée à l’Éducation nationale. Ce point n’est pas résolu par la loi promulguée il y a quelques semaines. Il faut donner les compétences d’orientation aux Régions », a estimé le député. [2]

Régions et Éducation nationale

Au cours de la classe tactique, Hervé Poitillart, délégué général Grand-Est des Compagnons du devoir a pointé la nécessité de « déverrouiller les liens entre CFA et lycées ». «  L’orientation est toujours confiée en grande partie à l’Éducation nationale. Afin de toucher les parents, l’obligation de présenter les parcours professionnels en apprentissage, jusqu’au diplôme d’ingénieur, et la possibilité de se former en Europe, doit figurer dans les 54 heures d’orientation [3] », a-t-il ajouté. À ses côtés, Jean-Pierre Hulot, président d’Octalia, a souligné que « Des recteurs d’académie sont présents dans les masters classes de l’alternance, a-t-il relevé. Ils n’étaient pas là il y a quelques années. »

Les entreprises au cœur de l’apprentissage

Lors de la première master class, la présidente de la commission formation au Conseil régional Grand-Est, Véronique Marchet, a également insisté sur «  la place à prendre dans les 54 heures dévolues à l’orientation dans les établissements ». Pour sa part, Philippe Debruyne, président de Copanef [4], a pointé la nécessité de travailler sur la représentation des métiers et de l’apprentissage. « Quand c’est en master 2, les gens sont d’accord, mais quand c’est un CAP, l’image n’est pas bonne, a-t-il assuré. Or, ce n’est pas parce qu’un apprenti a un CAP que c’est fini. Il faut penser l’orientation en aval, avec la formation tout au long de la vie ! »

« Positif et vigilant » à l’égard d’ « une loi aux contours encore flous », le président du Medef Grand-Est, Bruno Arcadipane, a précisé qu’il comptait sur les décrets de la loi « Avenir professionnel » pour « une prise en compte de compétences attendues par les entreprises ». « Il faut mettre les entreprises, déjà nombreuses à avoir baissé les bras sur le sujet, au cœur de l’apprentissage », a-t-il martelé. « Les mômes ont des besoins, certes, mais ils veulent du boulot. Les leaders territoriaux doivent mettre leur énergie au côté des entreprises », a-t-il poursuivi. « Il faut avoir la notion d’humain en tête », a réagi Véronique Marchet. La conseillère régionale a plaidé pour « la méthode collégiale, celle de la région Grand-Est ». Elle a fait valoir que « tous les acteurs ont un bout de la solution pour des formations en adéquation avec les besoins des entreprises et les envies et les besoins des jeunes ». Selon Philippe Debruyne, « Les partenaires sociaux doivent être au cœur de la capacité à dialoguer ».

Vers un marché du travail européen ?

« Je ne conçois pas le transfrontalier comme un volume de travailleurs qui franchissent la frontière, a cadré Jean Rottner, président du Conseil Régional du Grand-Est. Le bilinguisme permet d’abord à des collaborateurs de notre pays de parler le plus de langues possibles pour se situer dans un marché international  », a-t-il précisé. « La région paie 95 % d’un programme Interreg et les allemands 5 %, alors qu’ils ont besoin de nos apprentis. Les former chez nous pour qu’ils aillent travailler de l’autre côté n’est pas la bonne solution. Il faut viser nos entreprises, pas forcément un marché du travail européen », a conclu le président du Conseil régional.

Grand témoin de ces master classes, le député européen Jean Arthuis, a rappelé que « les pays européens qui ont une tradition d’apprentissage ont aussi peu ou pas de chômage ». Il a plaidé pour la reconnaissance des acquis de ces mobilités une multiplication par trois du budget européen 2021-2027 consacré aux mobilités Erasmus + pour la formation professionnelle et l’apprentissage. «  Ce n’est pas seulement l’affaire du gouvernement. Il ne s’agit pas seulement d’une ambition française. Il faut que la loi bouge dans tous les pays de l’Union européenne  », a conclu le député européen.

[1] Également rapporteur du projet de loi relatif à l’orientation et à la formation professionnelle tout au long de la vie de 2009 et du rapport d’information sur la mise en œuvre de la loi de 2011 pour le développement de l’alternance et la sécurisation des parcours professionnels

[2] La loi du 5 septembre 2018 prévoit que les Régions organisent la mission d’information sur les métiers et les formations aux niveaux régional, national et européen ainsi que sur la mixité des métiers et l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes en direction des élèves et de leurs familles, des apprentis ainsi que des étudiants, notamment dans les établissements scolaires et universitaires. Dans les établissements scolaires, les actions d’information sont organisées en coordination avec les psychologues de l’Éducation nationale et les enseignants volontaires. Un cadre national de référence est établi conjointement entre l’État et les Régions. Il précise leurs rôles respectifs et les principes de l’intervention des Régions dans les établissements.

[3] Les lycéens suivent 54 heures par an d’éducation à l’orientation

[4] Comité interprofessionnel pour l’emploi et la formation

Mis en ligne le 4 octobre 2018 sur Le quotidien de la formation