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Quel bilan formation pour la commission Juncker ?

25 septembre 2018. Une délégation de l’Association des journalistes de l’information sociale assiste à une présentation du bilan social de la commission Juncker, au siège de l’exécutif européen, à Bruxelles. Élu président de la Commission européenne le 15 juillet 2014, le Luxembourgeois restera en poste jusqu’aux prochaines élections européennes, qui se tiendront en mai prochain.

Quel bilan spécifique en matière de formation professionnelle ? Legs phare de la commission Juncker, selon la direction de la communication, le socle européen des droits sociaux a été adopté le 17 novembre 2017. Ce jour-là, le Conseil de l’UE, le Parlement européen et la Commission proclamaient vingt principes et droits-clés lors du sommet social de Göteborg pour une croissance et des emplois équitables. Ils sont répartis en trois catégories : égalité des chances et accès au marché du travail ; marchés du travail dynamiques et conditions de travail équitables ; soutien des services publics/protection et inclusion sociales.

Droit à la formation

Premier droit et principe par ordre d’apparition, l’éducation, la formation et l’apprentissage tout au long de la vie. « Toute personne a droit à une éducation, une formation et un apprentissage tout au long de la vie inclusifs et de qualité, afin de maintenir ou d’acquérir des compétences lui permettant de participer pleinement à la société et de gérer avec succès les transitions sur le marché du travail  », énonce le socle européen des droits sociaux, qui s’applique aux 27 membres de l’Union européenne.

« Il s’agit de transformer ce catalogue de principes en actions », précise la Commission européenne. Tout en prévenant : « Le socle n’est pas opposable au niveau de l’Union européenne.  » Autrement dit, les citoyens d’un État membre de l’UE ne sauraient se prévaloir de ce droit pour obtenir réparation ou compensation s’ils n’ont pu accéder aux qualifications nécessaires pour s’insérer sur le marché du travail de son pays.

Euro pass révisé

De manière plus concrète, l’exécutif européen peut se prévaloir d’un progrès en matière de valorisation des compétences et des certifications à travers l’Union européenne. Le 12 avril 2018, les États membres de l’UE adoptaient la proposition de la Commission portant révision du cadre Europass, qui existe depuis 2004. « Depuis plus d’une décennie, l’Europass est un instrument essentiel de soutien à une meilleure compréhension des compétences et des certifications grâce à une meilleure communication à leur sujet. Il joue un rôle capital en ce qu’il permet de relier le monde du travail et celui de l’éducation et de la formation  », s’était félicitée Marianne Thyssen, commissaire à l’emploi, aux affaires sociales, aux compétences et à la mobilité des travailleurs.

Le portail Europass reçoit plus de 55 000 visites par jour. Tandis que l’Europass-CV a été téléchargé plus de 100 millions de fois depuis 2004, selon la Commission européenne.

Si la garantie pour la jeunesse a été lancée sous la commission Barroso, via une recommandation du Conseil d’avril 2013, elle s’est concrétisée depuis lors.

La Garantie pour la jeunesse est un engagement pris par l’ensemble des pays de l’UE de veiller à ce que tous les jeunes âgés de moins de 25 ans puissent bénéficier d’un emploi, d’une formation continue, d’un apprentissage, d’un stage. Et ce dans les quatre mois qui suivent la perte de leur emploi ou la fin de leurs études. Tous les pays de l’UE se sont engagés à sa mise en œuvre dans la recommandation précitée.

Extension de la Garantie pour la jeunesse

Cinq ans après la création de la Garantie pour la jeunesse — entrée en vigueur en France en 2017 —, la situation des jeunes sur le marché du travail s’est « sensiblement améliorée  », selon la Commission. Le taux de chômage des jeunes a fortement baissé, passant d’un niveau record de 23,7 % en 2013 à 18,7 % en 2016. La part des 15-24 ans sans emploi et ne suivant ni études ni formation (Neet) est passée de 13,2 % en 2012 à 12 % en 2016.

L’Initiative pour l’emploi des jeunes (IEJ) est le bras armé financier de la Garantie pour la jeunesse. Elle fournit une aide directe à plus de 1,7 million de personnes dans toute l’Union européenne. Le budget total de l’IEJ (pour l’ensemble des États membres de l’UE qui en bénéficient) s’élève à 8,8 milliards d’euros pour la période 2014-2020.

Un bémol : selon la revue Travail et Emploi (janvier-mars 2018), « 60 % des pays analysés ont prévu des dépenses en dessous des niveaux recommandés et, bien que certains aient en pratique alloué plus de ressources aux interventions liées à la Garantie jeunesse qu’initialement prévu, la majorité d’entre eux n’a pas réussi à faire des progrès substantiels pour combler cet écart. Cela signifie que ces pays devront prendre maintenant des engagements financiers plus importants, s’ils veulent tenir l’objectif visé de réduire le chômage des jeunes ».

Le chemin vers une Europe sociale par la formation est encore long…

Mis en ligne le 22 octobre 2018 sur Le quotidien de la formation