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« Il faut décentraliser et internationaliser l’éducation » (Rebekka Borsch, secrétaire d’État auprès du ministère norvégien de l’Éducation et de la Recherche)

Pour sa quatrième conférence annuelle internationale (Rouen, 26 et 27 novembre 2018), l’Agence Erasmus + France / Éducation Formation a travaillé de concert avec l’Agence Erasmus + norvégienne Diku. Si la Norvège n’est pas membre de l’Union européenne, elle a cependant toujours participé au programme Erasmus. Et voit son attractivité renforcée dans le contexte du Brexit, en raison d’une importante offre de formation anglophone.

Évoquant les « divisions politiques terrifiantes » qui se font jour en Europe, Rebekka Borsch, secrétaire d’État auprès du ministère norvégien de l’Éducation et de la Recherche, dit toute l’importance que son pays accorde à la question des mobilités. Elle en est convaincue, « il faut décentraliser et internationaliser l’éducation ». Pour ce qui est des relations avec la France, la démonstration est aisée : initiée en Normandie il y a 100 ans, la coopération éducative et universitaire franco-norvégienne s’est renforcée en 1983 avec la création de l’Office franco-norvégien de l’université de Caen Normandie, cofinanceur aux côtés de quatre universités norvégiennes et du Centre pour l’internationalisation de l’enseignement (SIU). « Il y a 100 ans, il s’agissait de construire des ponts et non des murs, c’est peut-être encore plus important aujourd’hui », commente Harald E. Nybølet, directeur général de Diku, l’agence Erasmus + Norvège. Au niveau européen, la Norvège peut se targuer d’avoir été présente dès les origines du programme Erasmus. Championne de l’internationalisation avec 50 % de ses étudiants de l’enseignement supérieur qui étudient au moins trois mois à l’étranger, la Norvège entend bien accroître ce chiffre. « Pour un petit pays comme le nôtre, c’est indispensable », estime Harald E. Nybølet.

Qualité

Totalement en phase avec les objectifs d’inclusion, d’insertion et d’innovation du nouveau programme Erasmus, les représentants norvégiens soulignent l’importance qu’ils accordent à la notion de qualité. Une attention que l’on retrouve chez Jean Russo, délégué général du réseau étudiant Erasmus (Erasmus Student Network, ESN), selon qui l’objectif d’inclusion ne doit pas se faire au détriment de la qualité. La montée en charge du programme Erasmus pose la question du maintien de la capacité des associations à assurer un accompagnement global de qualité, souligne-t-il. Ce qui suppose d’être présent au départ, mais aussi au retour, dans une perspective de valorisation des parcours.

« Le passage à l’échelle internationale est une vraie question, qui suppose un changement complet de mentalité », estime Laure Coudret-Laut, directrice de l’Agence Erasmus + France / Éducation Formation. « La prise de conscience du besoin d’internationalisation doit partir des enseignants, portés par les chefs d’établissement et les universités. » Elle en est consciente, cela suppose aussi que « les moyens suivent les objectifs de 2021 ».

Expérimentations

Alors qu’Erasmus + 2014-2020 est dans sa dernière phase, Laure Coudret-Laut pointe que les deux années à venir vont permettre de clôturer le programme, mais aussi de multiplier les expérimentations en vue d’Erasmus 2021. Parmi celles-ci, la directrice de l’Agence Erasmus + France cite notamment la promotion de la mobilité longue des apprentis, la constitution de réseaux universitaires européens et des centres d’excellence en formation professionnelle, mais aussi la création de sections européennes en formation professionnelle. Évoquant l’objectif de simplification, elle précise que le nouveau programme adaptera les procédures selon un « principe de proportionnalité », pour inclure des « projets beaucoup plus petits, porteurs d’impact local ».

Mis en ligne le 28 novembre 2018 sur Le quotidien de la formation