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Euro App’, la promesse d’une véritable mobilité européenne des apprentis

Alors que les apprentis sont aujourd’hui très peu nombreux à partir à l’étranger dans le cadre de leur formation, Euro App’, programme pilote, entend généraliser une expérience en leur proposant de rester entre 6 et 12 mois dans d’autres pays européens [1]. Depuis 2016, seulement 103 jeunes ont suivi une formation en alternance d’une durée de 6 à 12 mois dans un autre pays européen que le leur. Parmi eux, 48 Français envoyés à l’étranger dans le cadre de ce programme baptisé Euro App’, porté notamment par le député européen Jean Arthuis. « Il faut lever les freins, notamment psychologiques, qui empêchent aujourd’hui de développer les séjours à l’étranger pour les apprentis », a-t-il déclaré. « Et pour tous les apprentis, y compris ceux en formation professionnelle. Car le fait de parler plusieurs langues, de connaitre d’autres savoir-faire, c’est un atout immense, dans tous les cas. Tous les apprentis qui ont pris part au programme en sont d’ailleurs sortis renforcés. », a-t-il affirmé.

Moins de 1 % des apprentis partent

« Plusieurs étapes ont été franchies : la loi fixant un cadre a été votée, les décrets d’application sont connus, il faut maintenant faire en sorte que, concrètement, les apprentis soient bien plus nombreux à partir », a poursuivi Jean Arthuis. Car à l’heure actuelle, au-delà de ces 48 jeunes Français impliqués dans le projet pilote, seuls 4 000 apprentis bénéficient chaque année du programme Erasmus +. C’est moins de 1 % de l’ensemble des apprentis. Et encore partent-ils pour une durée assez courte, 27 jours en moyenne. Il semble qu’à l’heure actuelle les difficultés ne soient pas liées à la volonté des apprentis, aussi volontaires que les autres personnes pour partir à l’étranger. Elles ne viennent pas plus des CFA ni des employeurs, qui comprennent le plus souvent l’intérêt de voir les apprentis progresser à grande vitesse.

Des modalités à définir

« Le problème vient plutôt des modalités pratiques », assure de son côté Patrick Toulmet, délégué interministériel au développement de l’apprentissage. « Comment dégager un employeur qui voit partir un apprenti de certaines de ses obligations, tout en garantissant à ce même apprenti, notamment, une protection sociale suffisante ? Comment rendre les CFA acteurs de cette expérience, via par exemple un référent mobilité ? » s’est demandé le délégué interministériel, avant de poursuivre « Surtout, plus important, il n’y a pas de reconnaissance, en France, des périodes de formation à l’étranger, contrairement à ce qui se pratique en Finlande, entre autres. Il faut changer cela rapidement. » C’est à ce prix, en effet, que le programme Euro App’ pourra vraiment se développer : dans les prochaines semaines, ces cadres devraient être définis, ce qui permettra, probablement, plus de départs d’apprentis à l’étranger dès l’année prochaine.

[1] Lire notre article

Mis en ligne le 27 février 2019 sur Le quotidien de la formation